« Là, j’utilise un mot anglais, la crossing [intersection, passage à niveau]. Y’a une époque y’avait pas de viaduc, même pas de clignotants… rien!

— Y’avait juste une p’tite pancarte, un p’tit arrêt-stop sur le bord.
— Mais y’avait pas le trafic qu’y a aujourd’hui.
— Y’avait du trafic de trains par exemple.
— Oui! Ben plus qu’aujourd’hui!
— Y’est même arrivé un accident. Cinq ou six dans une voiture, fauchés par le train…

Y’avait des gens aux alentours qu’on surnommait les B’lettes. Des Arsenault, je cré ben. Ils demeuraient proches ou ils étaient propriétaires d’un ou plusieurs terrains dans ce coin-là1. »

Une coutume acadienne consiste à attribuer des sobriquets aux familles pour les discerner les unes des autres, vu la récurrence des patronymes souches2. C’est le cas des Arsenault de Saint-Omer dans l’exemple ci-dessus. Selon la tradition, les surnoms apparaissent en fonction des lieux habités, de la personnalité, des attributs physiques, du métier ou des événements marquant l’histoire de la famille ciblée3.

« Les Arsenault… On en a un juste là!

— Avant, il y avait beaucoup de familles avec les mêmes noms. Ils donnaient des surnoms pour les différencier. Nous autres, c’était les B’lettes. Les autres Arsenault, y’avait les Ours… les Canards…
— Une b’lette, c’est curieux! Ils devaient toujours avoir le nez dans les châssis… Tout le monde à Saint-Omer connaissait la crossing des B’lettes4. »

button icon DÉCOUVRIR > tous les lieux-dits de cette ville

 

BIBLIOGRAPHIE & NOTES

1 Propos de participants anonymes.

2 « Surnom par filiation à Bonaventure », Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel, consulté le 16 septembre 2017, http://www.irepi.ulaval.ca/fiche-surnom-par-filiation-bonaventure-133.html.

3 « Les sobriquets acadiens », Acadie nouvelle, consulté le 16 septembre 2017, https://www.acadienouvelle.com/chroniques/2015/01/02/les-sobriquets-acadiens/?pgnc=1.

4 Propos de participants anonymes.