Si l’on s’attarde au nom complet dudit « bonhomme », on s’essoufflera à prononcer Théodore-Héliodore-Martial Boudreau dit Dick-à-Saumure1. Son sobriquet provient de son commerce puisqu’il effectuait le transport de barils de saumure2, servant à la conservation des aliments; d’autres diront que ses vêtements étaient imprégnés d’une intense odeur de poisson… Laisser planer une part de mythe autour de cet homme plus grand que nature convient au personnage.

Dick-à-Saumure, « un géant mesurant 1,95 mètres (environ 6′ 5″), avait une barque, appelée La Tracadièche, avec laquelle il portait les nouvelles de village en village et acquit ainsi une réputation de conteur légendaire3. »  Navigateur renommé, il n’hésite pas à se rendre à l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, comme bootlegger, afin de se procurer de l’alcool et de ravitailler ses contemporains4.

Théodore Boudreau [1853-1946]5 vivait de pêche et d’agriculture. Il s’est aussi adonné au cabotage dans la baie des Chaleurs avec l’un des ses bateaux, le Marie-Béatrice6. Le fond à morue7 désigné à son nom par la transmission orale représente un endroit où il allait s’approvisionner, sans qu’il lui soit exclusif.

Les cabanes de pêche

Sur le banc Larocque, l’on retrouve préservées des cabanes dont les marins se servaient pour ranger leurs gréements de pêche et pour se restaurer. En plus de la cabane du fameux Dick-à-Saumure*, l’on observe la cabane à Eugène-à-Ti-Bert et celle à Lucien Boudreau8.

Le banc de Carleton accueille, quant à lui, le site patrimonial de la Cabane-à-Eudore, acquis par l’Écomusée Tracadièche et officiellement inscrit au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

Aujourd’hui, Jean-Paul Boudreau ou Ti-Paul-à-Dick-à-Saumure est le propriétaire de la cabane de pêche familiale. À l’origine, l’installation prit la forme d’un shelter, soit un abri  [l’anglicisme semble être un terme usité à l’époque]. Les générations suivantes l’améliorèrent tour à tour.

« En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, la popularité des noms des familles souches crée des homonymes. Une tradition linguistique s’est développée pour distinguer les individus et est encore bien vivante notamment au sein des descendants acadiens, le surnom par filiation9. » C’est pourquoi ici Jean-Paul Boudreau « Ti-Paul »  est désigné par association « à-Dick-à-Saumure », son aïeul.

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BIBLIOGRAPHIE & NOTES

Pascal Alain, Carleton-sur-Mer : un regard sur le passé, « 100 ans noir sur blanc 49 » (Québec : Les Éditions GID, 2017), 87.

2 Jean-Paul Boudreau (descendant de Dick-à-Saumure), entrevue, propos recueillis par l’artiste, 26 mai 2017.

3 Paul Lemieux (président de l’Écomusée Tracadièche), propos recueillis par Catherine-Emma Boudreau pour l’artiste, juillet 2017.

4 Pascal Alain, op. cit.

5 « Gaspésie – Carleton-sur-Mer (Saint-Joseph) », Cimetières du Québec, consulté le 16 septembre 2017, http://www.cimetieresduquebec.ca/gaspesie/carleton/photos/50361/.

6 Panneau d’interprétation réalisé par les descendants de Dick-à-Saumure, fixé sur sa cabane de pêche.

7 L’emplacement indiqué sur la carte est approximatif.

8 Jean-Paul Boudreau, op. cit.

9 « Surnom par filiation à Bonaventure », Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel, consulté le 16 septembre 2017, http://www.irepi.ulaval.ca/fiche-surnom-par-filiation-bonaventure-133.html


 

IMAGES

1. Écomusée Tracadièche. AP_165_2. Théodore Boudreau, dit « Dick-à-Saumure ».

2. Marie-Claude De Souza, 2017.

3. Marie-Claude De Souza, 2017.

4. Marie-Claude De Souza, 2017.

5. Marie-Claude De Souza, 2017.

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