« L’ancien incinérateur des Carrières, c’est la maison Pigeons. Mets un “S” à pigeons, il y en a vraiment beaucoup! Ce sont les graffers d’Hochelaga qui ont donné c’te nom-là. Pis y’a beaucoup d’artistes qui se trouvent à Hochelaga… Pis des grands artistes. Fa’que, c’te nom là circule pas mal partout maintenant. Tu vas dans Le Sud-Ouest, tu vas dans le nord, tu vas à Laval, tu dis “la maison Pigeons”, ils vont savoir de quoi tu parles. Pis pour ceux qui savent pas que ça s’appelle la maison Pigeons, y’appellent ça “l’ancien incinérateur”, c’est quand même un nom cool. Pis y’a beaucoup de pigeons. Il faut que t’amènes ta pire paire de souliers, mettons! Je me suis déjà fait arrêter là. Ils nous ont demandé de quitter les lieux, y’ont confisqué nos canettes. Il n’y a plus vraiment d’accès maintenant, c’est récent. Là, c’est barré, y’a des plaques de métal tout le tour. La ville passe des journées à trouver tous les p’tits trous pour pas que les “p’tits rats” rentrent. C’est quand même beau à voir, le toit est rempli, c’est rempli à grandeur de graffs, de beaux trucs1. »

 

L’histoire de l’incinérateur

En ce qui a trait au nom officiel du bâtiment, lié à celui de la rue des Carrières, un article du Devoir, nous apprend : « La rue […] fut ainsi nommée parce que la voie relayait autrefois plusieurs carrières de Montréal. C’était l’époque pas si lointaine où la métropole comptait son lot de carrières, dont la plupart sont devenues au fil des ans des parcs. […]

Inauguré en 1931, l’incinérateur répondait au besoin d’une ville en pleine expansion dont les dépotoirs à ciel ouvert commençaient à causer des ennuis (manque de place, odeurs). Il permettait aussi d’éliminer 1500 incinérateurs domestiques jugés dangereux et désuets. Sauf qu’avec ses 300 tonnes de déchets brûlés chaque jour, l’incinérateur s’est vite révélé un formidable pollueur (dioxines et furanes notamment). […]

Il faudra finalement attendre 1993 pour voir la fermeture définitive de l’incinérateur, aujourd’hui utilisé comme locaux de voirie2. »

 

Monsieur Pigeon

Étrangement, en utilisant l’expression « maison Pigeons » les graffiteurs créaient un lien avec la petite histoire du quartier, sans même le savoir. Bien que cela ne concerne pas l’incinérateur directement, le site de la paroisse Saint-Jean-Berchmans raconte qu’« […] il y eut également une […] taverne près de Des Carrières tenue par un monsieur Pigeon. Aussi, il fut un des premiers à avoir une automobile. Étant peu accoutumé avec ce nouveau véhicule, il tirait sur son volant et criait “whow, whow” tel qu’il le faisait avec son cheval. L’Hôtel Pigeon était renommé pour les “passe-passe” de chevaux, les maquignonnages, les transactions douteuses, les picouilles3. »

 

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BIBLIOGRAPHIE & NOTES

1 Propos d’un participant anonyme.

2 Guillaume Bourgault-Côté, « Un lieu, un nom — À l’ombre des grandes cheminées », Le Devoir, section actualités en société, juillet 2012, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/355387/a-l-ombre-des-grandes-cheminees.

3 http://www.st-jean-berchmans.org/historique_f4.html. Précisions bibliographiques apportées par la paroisse Saint-Jean-Berchmans : « Texte repris d’une brochure écrite par Michèle Lalande, Céline Marion, Paul Massicotte et André Petit, août 1978. (Jacques Baillargeon et Suzanne Dignard ont fait une addition en 1983.) Converti en format web par Dominic Légaré. »

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