« Le trou à Crapauds est un endroit à la sortie du goulet* où l’on trouve une forte concentration de crapauds de mer, une espèce que l’on ne veut pas vraiment dans nos filets1! » Beaucoup considèrent ce poisson comme une nuisance et vont même croire qu’il est non comestible : est-il victime de son allure « monstrueuse » ?

Mathieu Lemonde-Landry, responsable de la collection vivante, chez Exploramer, précise que « c’est aussi un prédateur efficace qui mise sur son camouflage pour surprendre ses proies lors d’une attaque éclair. Très opportuniste, il se nourrit pratiquement de tout, que ce soit d’autres poissons, de mollusques ou de crustacés, c’est la raison pour laquelle il est souvent pêché. Peu importe l’appât ou le leurre utilisé, si ça rentre dans sa gueule, il va mordre.

Concernant la comestibilité de ce poisson, c’est bel et bien une espèce comestible, même que c’est très bon. La chair est assez ferme et le goût est très fin. Compte tenu de son apparence et de ses épines, les gens ont tendance à le croire non comestible2. »

Ce poisson fait d’ailleurs partie de la liste 2017 de certification la Fourchette bleue [sous le nom chaboisseau], visant une saine gestion des ressources marines. Cette dernière « encourage les restaurants et les poissonneries à offrir des saveurs méconnues parmi les nombreuses espèces comestibles du Saint-Laurent, dans une perspective de développement durable et de protection de la biodiversité3. »

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AUDIO

Entrevue réalisée auprès de Maurice Johnson, 20 septembre 2017.

Eudore Boudreau, estimé pêcheur de Carleton, est à l’origine du surnom trou à Crapauds. Le site patrimonial de la Cabane-à-Eudore, acquis par l’Écomusée Tracadièche et officiellement inscrit au Répertoire du patrimoine culturel du Québec, se situe non loin du lieu-dit.


 

LEXIQUE

Crapaud de mer : « L’appellation vernaculaire “crapaud de mer” peut parfois être donnée à plus d’une espèce de chaboisseaux, mais le plus souvent c’est du chaboisseau à épines courtes (Myoxocephalus scorpius) dont il s’agit.

Ce poisson pouvant atteindre 40-50 cm de long a une tête faisant penser à celle d’un crapaud, d’où son nom commun. Sur celle-ci et sur les opercules, il porte des épines lui servant de moyen de défense. Champion du camouflage, le chaboisseau est capable de changer sa couleur pour se confondre au fond où il se trouve, que ce soit gris-noir sur le sable, brun-vert dans les algues, voire rose sur les fonds couverts d’algues. On reconnaît le mâle à la présence de grosses taches blanches sur son ventre4. »

* Goulet : « Passage étroit unissant, une étendue d’eau littorale et la mer5» Étymologie : « De goule et -et; du poitevin ou saintongeais goule, “gueule”; du latin classique gula, “gosier”6. »


 

BIBLIOGRAPHIE & NOTES

1 Propos d’un participant anonyme.

2 Mathieu Lemonde-Landry (responsable de la collection vivante, Exploramer), échange de courriels, propos recueillis par l’artiste, 18 août 2017.

3 « Fourchette bleue », Exploramer, consulté le 30 août 2017, http://www.exploramer.qc.ca/fr/fourchette-bleue.

4 Mathieu Lemonde-Landry, op. cit.

5 « Goulet : Fiche terminologique », Office québécois de la langue française, consulté le 30 août 2017, http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8460473.

6 Antidote HD, version 6.1.1, Montréal : Druide informatique, 2014, Logiciel.


 

IMAGES

1. Écomusée Tracadièche. AP_46_2.

2. Notes de terrain : emplacement approximatif du trou à Crapauds sur une carte marine.

3. Marie-Claude De Souza, 2017. Vue en direction du trou à Crapauds à partir du banc de Carleton.

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