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Situé juste avant la ferme de monsieur Jérôme Cyr, ce croche terrifiait les enfants, surtout s’ils devaient s’y aventurer en soirée : « Le chemin qui formait une courbe s’enfonçait dans une [dépression] bordée de terrains marécageux, peuplés de broussailles, d’arbres rabougris et de vieux chicots; pas de maisons visibles ni de lumières, mais des ombres menaçantes de chaque côté que l’imagination transformait en ours… Quand on s’y engageait seul, on le faisait généralement en courant, les talons aux fesses, et plus on courait, plus on croyait entendre derrière le bruit des pas d’une bête qui nous poursuivait1. »
La maison de Jérôme Cyr « a été déménagée dans le même rang – le chemin de la Duval – , pour se rapprocher du village. Les maisons à l’ouest du rang ont presque toutes été [déplacées] pour la même raison2. » Au moment du déménagement, « la maison [est restée coincée au beau milieu du] chemin en raison du glissement des billots. Ils l’ont remis en place après. Elle est restée prise peut-être une journée […] devant la terre de M. Lucien Arsenault4. » « Trois3 maisons datant [de la fondation] du village y sont encore présentes4. »
Cette anecdote fait écho à plusieurs histoires de maisonnées déménagées, souvent en imitant les techniques apprises en foresterie ou en défrichant le territoire. Elle symbolise la fin d’une époque où l’on avait essouché des terres de roches pour y cultiver des récits de vie entre labeur de la forêt et autarcie improbable.
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AUDIO
Entrevue réalisée auprès de Marie-Louis et Monette Bourdages, 10 avril 2025.
On déménageait les maisons pour passer des rangs qui fermaient au village où se trouvaient les services.
L’ingéniosité des méthodes artisanales pour déménager les maisons (stringers [longrines], skids [patins], arrache-chousse à cabestan et traction animale).
L’histoire de Jean-Guy dit Gougou qui a déménagé plusieurs maisons.
Au croche à Jérôme, « [T]u contournais une cédrière […]. Y’a un tas de jeunes qui ont pris le champ là. »
« Y’avait de la swompe. »
NOTES
1 Rénald Bujold, entrevue, propos recueillis par Camillia Buenestado-Pilon.
2 Maisons d’origine toujours dans le rang 12 Ouest : « celle d’Amédée Cayouette, […] celle de Joseph Arsenault, […] celle habitée par Élide Henry puis occupée par son fils Yvon Henry […]. » Source : Monette Bourdages, entrevue, propos recueillis par Camillia Buenestado-Pilon, mars 2026.
3 Ibid.
4 Ibid.
5 Marie-Louis Bourdages, entrevue, propos recueillis par Camillia Buenestado-Pilon, mars 2026.
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Marie-Claude De Souza, 2026.

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