Le paysage évolue naturellement ou à force d’interventions anthropiques.
Histoire sur fond de rouge, de jaune et d’orangé, devenu point focal.
Histoire meublée de labeur. Des gestes de ceux qui se bâtissent un chez-soi. Qui non seulement l’habitent, mais aussi le façonnent de leurs mains.
Une forêt découpe une silhouette sur la montagne ou sur la plaine, sa frondaison manifeste la présence d’une essence, des feuilles aux couleurs vives, comme l’ouvrage. De la job de bras comme seul carburant.
« [L]es premiers arpentages de 1836 révèlent des forêts naturelles et de multiples essences forestières. […] En arrière de Paspébiac, il y a une grande étendue de terrain d’une excellente qualité; c’est une forêt d’érables et autres bois francs, se prolongeant par une pente douce vers l’intérieur à une grande distance […]. Selon ces études, le plus grand nombre de nos pêcheurs n’attendent que ce chemin pour aller travailler sur des terres qu’ils ont pris en concessions, et les autres en feront autant lorsque ce chemin sera terminé1. »
Que ce soit pour l’usage domestique ou celui d’une compagnie, chaque essence avait ses fonctions : le chêne blanc pour la fabrication de futailles; l’épinette pour les boucauts*; le pin pour des outils de ferme2; le cèdre3 pour les bardeaux, les dormants de chemin de fer et les mâts de bateaux; le sapin pour la conservation des aliments4; l’épinette rouge pour la construction navale5; etc. L’érable, quant à lui, servait entre autres à la fabrication de mobilier. Il semblerait que la majorité des érables à proximité des maisons aurait été ainsi mise à contribution si bien que ceux préservés sur la montagne ressortiraient davantage l’automne venu. Avec sa flamboyance, le paysage des hauteurs contraste avec celui du village, remémore l’essence des savoir-faire.
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AUDIO
Entrevue réalisée auprès de Ghislain Maldemay, 11 mai 2022.
Feu de forêt.
Le feu dont il est question dans ce témoignage date de 1924. Il a engendré la perte de plusieurs hectares dans l’arrière-pays de Paspébiac, dont Saint-Jogues, et fort probablement la montagne d’Érables qui se trouve dans le même secteur.
Entrevue réalisée auprès de Fernand Alain, 5 mai 2022.
Village Robin.
Entrevue réalisée auprès de Claude Loisel et Ghislain Maldemay, 18 octobre 2022.
Différences d’accents.
LEXIQUE
* Boucauts : tonneaux « destinés à contenir de la morue séchée ». Source : panneaux d’interprétation Site historique national de Paspébiac.
NOTES
1 Camillia Buenestado Pilon, « Construire Paspébiac et l’ailleurs », Magazine Gaspésie, consulté le 20 mai 2026, magazinegaspesie.ca/extras/construire-paspebiac-et-lailleurs.
2 Exemples : baratte à beurre ou caques à poisson (barriques où l’on conserve le hareng salé). Source : panneaux d’interprétation Site historique national de Paspébiac.
3 S. Pinna, A. Malenfant, B. Hébert et M. Côté, Portrait forestier historique de la Gaspésie, (Gaspé : Consortium en foresterie Gaspésie–Les-Îles, 2009), rapport disponible en ligne : numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2011321.
Et, Camillia Buenestado Pilon, « Construire Paspébiac et l’ailleurs », Magazine Gaspésie, consulté le 20 mai 2026, magazinegaspesie.ca/extras/construire-paspebiac-et-lailleurs.
4 Panneaux d’interprétation Site historique national de Paspébiac.
5 L’arpenteur Garon, cité dans J. C. Langelier, Esquisse sur la Gaspésie, (Lévis : Mercier & cie, propriétaires du “Quotidien”, 1884), 36. Disponible en ligne : numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2022342.
IMAGES
1 à 3. Marie-Claude De Souza, 2025.
4 et 5. Archives de Dominique Léger.


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